le vieux couple avant... = maintien du clic gauche de la souris
Des visages parcheminés et rudoyés par les ans,
Des yeux asséchés par les trop nombreuses tristesses,
Les mains déformées, crispées sur un tremblement
Aux ongles jaunis d’avoir manqué de paresse.

Une rencontre inoubliable au plus beau des printemps,
Mystérieuse jeune femme attirée par les sourires de connivence
D’un jeune homme aimable sans fortune, masqué d’élégance.
Voix des anges en rendez-vous, c’était il y a bien longtemps.

Les ans ont couru, avides, sur des corps à présent ravagés,
Toujours fiers de l’autre, main dans la main, les dos courbés,
Qui soutient qui ?, cela n’a pas d’importance, deux en un pour la vie
Regarder où ?, regarder quoi ?, cela n’a pas d’importance, ils sont unis.

Le vieux couple garde sa jeunesse égoïstement pour lui seul,
Hier, demain,  et la faucheuse n’y pourront rien, l’amour est un linceul,
Le vieux couple garde sa jeunesse éternellement, noyé en lui-même,
Qu’un unique regard figé dans la certitude des « je t’aime ».

La grande horloge égrène tic à tac les arrêts de jeu,
Demain les urgences, l’hôpital et les cortèges funestes,
Demain…, quel est ce désespoir lugubre?, redevenir « Je »
Quand depuis tant d’années jamais un seul «tu restes ».

Le vieux couple n’est plus qu’un seul souvenir ineffaçable
Il se baigne aux sources d’une jouvence inaltérable
Le vieux couple a trouvé les chemins secrets de l’absolu,
Plus question de soi, les verbes ne conjuguent que les « tu ».

Le vieux couple en mémoire
Le vieux couple en espoir
Le vieux couple à jamais
Le vieux couple, s’aimer…


© Zorg - août  2007



  
LE VIEUX COUPLE