le train chemine infatigable dans sa nuit,
Ses volutes ocres et carbonisées en détours fuyants,
Le temps est fait de cela aussi,
Un train lourd de son fer qui écrase toute errance.

Quelle destination, toujours inconnue parfois surprenante
Pour les passagers du rail en mal de départ,
Quelle correspondance, quelle heure?, pas d'attente,
Vite!, avant qu'il ne soit trop tard.

Dans la syncopée rassurante de sa course infinie,
L'étrange cortège s'arque en courbes d'ébène,
Le long des précipices méconnus de nos envies,
Gouffre en fond sans fond, armée sans haine.

Le mal est ainsi, assassin des rêves en oublis,
Voluptueux dans sa reptation aux étoiles,
Aussi noir et beau que l'habit de deuil en sursis,
Aussi sombre que la profondeur de l'amour létal.

Le train déroule sa peau de brume salie,
Ecrasant de sa raideur métallique tout espoir,
Il est l'heure alors peut-être pour les insoumis,
De quitter le temps et de déserter les gares...

::ZORG::
TRAIN DE NUIT