Traîner sa carcasse le long de trottoirs déserts
Et cette putain de pluie qui déverse ses cancers
Un corps grelottant et transi, le spectacle est fini
A quoi ça sert tout ça ?, chienne de vie…

Marcher sur les pavés mouillés de sombres matins
Rentrer dans un chez-soi obscur et sans joie,
Pour endormir ses tristesses de vieux  refrains
Et rêver à ces chers disparus, l’écho de soi.

Les mélodies qui s’envolent dans l’alcool et l’oubli
Habillant l’âme un instant , d’un éphémère éclat
Que restera-t-il donc quand sonnera le glas ?
Goût étrange sur cendres éparses et  enfouies ..

Autant de maux et de peines  anesthésiant l’ego…
Autant de moments à  ranger en secret tiroir
Autant d’airs fredonnés en partance-désespoir
Autant de comptes apocryphes en clé de do.

Longer les murs ruisselants et salis par les ans,
Frissonnant aux lumières blafardes irréelles
Partition, quelle partition ? – que du noir sur blanc
Quand il faut s’excuser devant le lampadaire rebelle.

Crescendo en descente vertigineuse, pages jaunies
Une belle balade dans les arcanes de Mélancolie
Etrange estafilade, j’ai du sang plein la bouche
Normal…, un angle c’est deux murs qui se touchent.

Errer sans but, dans la solitude et le froid,
Attendre un inattendu qui n’arrivera pas.
Sourire à son âme et lui dire la compassion
Modeler son sort et le lui offrir en raison.

S’affaler sous un porche, ne plus penser
Imaginer des pas sur le trottoir, jambes légères…
Pleurer un sourire, prier une caresse, se damner…
Brume nauséeuse et rampante de la misère.

Marcher sur les pavés mouillés de sombres matins
Pour être qui ?, pourquoi faire ? que des chagrins
N’être plus rien sinon qu’un lâche encore en vie
Un corps grelottant et transi, le spectacle est fini.


© Zorg - mars  2007

  
LE SPECTACLE EST FINI