Sur la ligne du temps, sous la pesanteur des millénaires oubliés, avec la chaîne du passé suturée, surfilée à même notre mémoire et le pointillé espacé des siècles à venir, il reste tant  d'aubes ambrées et de crépuscules violacés à vivre.

Les heures annelées de souvenirs ou gondolées d'espoir se défont sans fin dans notre histoire...

Arrêtant ici et là, le chaland au bord du chemin, l'attirant par une fragrance insolite ou une couleur inconnue, la vie se mêle de ce qui se démêle et s'entremêle, son devenir sursaute à peine de nos douleurs et de nos rires, bousculant nos destins sans s'émouvoir, éveillant l'enfant, enflammant l'amant, éteignant le vieillard...

Que sommes-nous d'autre que des perles enfilées sur le collier de l'Eternel, et à sa guise, Il nous égrène, nous détache, nous emmène, nous dépose dans la maelström, le chaos des envies...

L'esprit écoute la matière et la chair... La matière et la chair bernent l'esprit...

Notre âme infime, si ténue qu'aucun homme n'a pu la contempler s'est réfugiée en des replis inaccessibles...
Alors que faire, à part nous réunir en un seul élément, dompter le liquide fuyant, le solide têtu, l' éthéré évanescent et puis marcher, cahoter sur les sentes endiablées des ans qui se déversent dans l'infini et nous ramènent enfin au centre de l'univers aux côtés de Celui qui sait... 


::Marie LANSON::
SUR LES LIGNES DU TEMPS