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Se soumettre, fermer les paupières, s’endormir, bercé par les rideaux de ma fenêtre
Qui claquent sous la brise d’automne.
M’enlover sous les draps au parfum de ta peau  et … partir….
M’élever dans l’éther nocturne, scruter les cardinaux
Modeler mes repères, matérialiser mon cap, ma conscience
Et comme un météore, jaillir dans les dimensions mystérieuses
Pénétrer un néant lumineux, un passage éclairé par l’amour seul…


Et puis….


Je me relève, un lieu inconnu, où tout se déroule au ralenti,
Au  clapotis de l’eau se mêlent les tintements de gouttes opalescentes…


Je lève les yeux, une voûte soutenue par d’immenses colonnes blanches
Me fait prendre conscience du gigantisme et de la beauté de ce lieu mystérieux
Vapeurs et musiques aquatiques remontent lentement le long des parois humides
Il fait chaud, une atmosphère calfeutrée, un écrin de calme, de sérénité.

J’avance lentement, fendant la brume lascive, vers cette lueur qui se dessine au loin.
Je marche, je marche…

Je traverse maintes salles, toujours coiffées de cette voûte incroyable
Des filets d’eau ruissellent le long de  murs dont on ne voit pas les sommets
De fines cascades de lumière  jaillissent de la bouches
Des anges et des  licornes pétrifiés dans le marbre.
Dans ce… hammam étrange et édénique…, un monde fait d’eau, de vapeurs et de pierres
immaculés, les appels muets s’intensifient, je m’approche enfin de la source brillante.
L’intensité lumineuse ambiante décroît doucement, jusqu’à ce que je distingue une forme.
Et quelle forme.. !..  je la savais belle…. Mais là…


Aphrodite, divine dans sa nudité, translucide, composée entièrement d’eau, ses mèches de cheveux
comme autant de filaments éclatants et voluptueux…,
Aphrodite dans son intimité plénière, la beauté personnifiée,
perfection du corps et de l’esprit…


Et là…..


Je te reconnais, tu te retournes gracieusement…,
ton sourire amoureux masque un instant la splendeur de cet antre-monde,
ta voix s’élève, suave et profonde : « je savais que c’était toi…, je t’attendais… »
Tremblant, fébrile,  je fouille alors dans mon sac à magies qui ne me quitte jamais.
J’en extirpe une racine dans laquelle je mords à pleine dent, puis te la tends,
le cœur au bord des lèvres…
Instant suspendu à jamais dans cette moiteur qui enveloppe toute chose…,
tu prends la mandragore entres tes doigts transparents.
Tes grands yeux me fixent étrangement, longuement,
comme pour fixer à jamais le paroxysme d’un absolu …
et tu croques alors dans la chair, dans la confiance…


Un grand calme m’envahit alors, je ne tremble plus,
nous avons partagé l’essence même de nos rêves…
Tout se dilue alors dans les remous miroitants,
il ne reste plus que ton sourire se dissolvant dans l’éclat insoutenable de mille feux,
flammes d’eau, les germes de l‘origine et de l’oubli…


Au matin…
Le jour se lève, j’ouvre les yeux, rassuré, apaisé…
Même pas besoin d’attraper le téléphone, je sais que tu prends ton bain…


 


© Zorg septembre 2008






  
LE BAIN