Toujours plus nombreuses, ces araignées au plafond. Les défenses ne tiendront plus longtemps, c’est sûr…

Trop d’issues dans le labyrinthe profané, trop de possibilités néfastes pour le monde, le passage est grand ouvert, plus d’espoir.


Peut-être condenser encore et encore les conséquences pour les contraindre dans une seule larme, peut-être encore, contenir encore et encore les non-sens dans un coin sombre de la folie qui tisse la toile arachnide.

Qui pouvait prévoir les deux visages de la lobotomie, celui qui coupe, tranche, règle le problème, et celui, discret, intrusif, malveillant, venimeux qui crée justement le problème.

Les araignées grouillent maintenant sur le sol, annexant avec férocité chaque parcelle de ma maison, j’entends comme un cliquetis chitineux envahir ma conscience et salir la naïveté.

Ma jeunesse s’est enfuie à des années lumières d’ici, emportant avec elle dans les néants toutes les promesses des hommes, tous les mondes que j’avais osé rêver, toutes les lueurs.

L’hypocrisie est-elle un droit ou une maladie incurable ? Suffit-il donc de tomber malade pour mieux vivre !

Au royaume des aveugles le borgne est roi dit-on … Mais où est la logique quand on coupe la langue au borgne?!

S’enfermer alors dans les mots et ce qui reste de vérité quasi-inaccessible, ouvrir silencieusement les livres défendus… étancher sa soif, lire les secrets de ceux qui ont compris.

Et enfin passer le cap, rejeter son dégoût, attraper les insectes par poignée, s’en nourrir, cracher et vomir.


 
 

Le petit matin se lève sur les oripeaux nauséabonds de la terre, il voudrait que les petits matins d'antan soient aussi beaux et comme avant...

Poser de la douceur sur une aube froissée qui se déplie dans l'ombre, la regarder s'étirer paresseusement sur des jours paisibles et clairvoyants,

Pourtant, il ne voit plus que le déclin des humains ramper dans leurs excréments , soulever les océans, dévier les vents, charrier les éléments.

La connerie est-elle un droit ou une tare inguérissable ? Faut-il être à ce point sot et fou pour vivre mieux ?

Heureux les simples d’esprit dit-on  mais où est la vérité quand on leur mutile le cerveau ?

Je voudrais rendre à la terre, ce que le ciel m'a offert, fermer une fois pour toutes le couvercle sur les charniers du temps,

Etouffer les maux et leurs tourmentes, les guerres l'âge de fer et son ère maudite.

Bannir les vivants dans la noirceur des limbes à tout jamais...

Pour seule réponse, les pitoyables éclaboussures de l'indifférence des gens.

Et des peut-être en résonance, des peut-être plein d’espérance… peut-être
 
Le petit matin se lève avec peine...il est trop tard pour faire marche arrière

Aussi sûr que mon souffle ne laissera aucune trace sur les carreaux de ma fenêtre..



(c)  Zorg & Sam
UN CHARNIER DE 'PEUT-ETRE'